Appel à communications / Call for papers

Les nouveaux modes d’organisation des processus d’innovation

L’innovation est généralement appréhendée comme le résultat, la finalité d’une initiative créative conduisant in fine à la proposition d’un produit (bien ou service) ou d’un procédé (de production) nouveau. Elle débouche aussi parfois sur de nouveaux business models, reposant sur des configurations de chaines de valeur portant la promesse d’une proposition attractive reconnue comme telle par le marché.

L’innovation désigne également un processus, un enchainement de faits, « un voyage, une course relais, toujours compétitive, sur une route aventureuse….. » (Tabatoni, 2005, p 9).

Son cheminement peut être, on le sait, long et complexe. A charge pour les pionniers qui l’empruntent de trouver les chemins de traverses, au bien d’avoir la capacité de creuser le sillon qui servira de norme de référence aux successeurs, suiveurs des innovations.

Etudier une innovation comme un processus, c’est s’intéresser au cadre temporel dans lequel elle s’inscrit, aux étapes de son émergence, « fabrication » et diffusion, temps d’aller, temps d’arrêts et de retour, selon des boucles créatives plutôt que des séquences linéaires. C’est aussi comprendre qu’une innovation s’inscrit dans une trajectoire, c’est-à-dire une histoire organisationnelle mais aussi sectorielle et institutionnelle venant modeler le cours de son évolution.

Comprendre un processus d’innovation, c’est aussi éclairer les acteurs qui portent les étapes de sa réalisation, à travers leurs rôles multiples, tantôt initiateurs, traducteurs, enrôleurs, intermédiaires, lorsque des idées ou des pratiques nouvelles viennent à émerger puis se diffuser.

Le questionnement « fil rouge » de ce congrès portera sur les modèles et caractéristiques organisationnels sous-tendant ce processus de construction des innovations. En particulier, nous nous interrogerons sur le renouvellement des agencements organisationnels à même de supporter des innovations de rupture.

Celles–ci reposent sur une Gestion des Ressources Humaines autorisant, favorisant une certaine contestation, de l’expérimentation, une prise de risque, un droit à l’erreur et encourageant les désapprentissages tout autant que les apprentissages, sur une culture organisationnelle, mais aussi sur des espaces dédiés à la créativité (espace de co-working…)…Si plusieurs pratiques de GRH sont reconnues comme étant des leviers d’innovation, plusieurs questions restent en suspens comme celle relative à l’articulation des stratégies RH au développement de capacités dynamiques.

La question des structures organisationnelles – ambidextrie structurelle, contextuelle, temporelle ou de réseau – à privilégier pour promouvoir l’équilibre et l’harmonie à opérer entre exploitation et exploration reste un champ de recherche fécond.

Plus généralement, les initiatives visant à promouvoir de nouvelles pratiques, de nouvelles structures ou de nouveaux systèmes peuvent être considérées comme des innovations managériales (Damanpour, 2014) dont les effets en boucles peuvent conduire à d’autres formes d’innovations (de produit, de processus, de commercialisation…), sources d’efficacité économique et/ou sociale.

Les innovations peuvent être accompagnées avec la création de services ad-hoc (incubateur, accélérateur, etc.), de nouveaux dispositifs institutionnels (cluster, réseau, pôle de compétitivité,…), de nouveaux métiers (animateurs, brokers,), de politiques d’innovation adaptées.

L’innovation – on le sait – ne peut plus s’envisager dans le strict cadre des frontières organisationnelles. Le développement de business models ouverts pose le problème de la valorisation des ressources internes hors du champ de l’entreprise (mouvement inside-out) et la capacité à aller chercher en dehors les ressources susceptibles d’être valorisées en son sein (outside-in) (Chesbrough, 2003 ; West et al., 2014). Cette origine externe des innovations ne se limite pas à des partenaires identifiés, mais s’ouvre aussi à une pluralité d’individus (le crowd) utilisée tant pour sa contribution à générer et apporter des idées créatives qu’à soutenir les conditions de réalisation des projets (financières, sociales, politiques…).

L’innovation enfin s’inscrit aussi dans un territoire et requiert donc aussi d’être étudiée à cette échelle.

L’étude de divers secteurs s’avère également nécessaire pour permettre d’identifier les spécificités vs invariants des processus d’innovation (Malerba, 2005).

Enfin, un dernier éclairage sera apporté à travers une réflexion sur les politiques publiques à même de soutenir, évaluer et réguler les innovations, et en à modeler les modes d’organisation.

Les communications attendues dans les ateliers porteront aussi sur :

  • Les liens entre changements techniques et changements organisationnels pour favoriser l’innovation
  • Les nouvelles organisations internes et externes des entreprises pour innover
  • Les nouveaux agencements entre acteurs pour accompagner les acteurs de l’innovation
  • Les méthodes d’évaluation de la gouvernance des innovations et les indicateurs de suivi de ces innovations, outils ad-hoc et temporaires, ou généralisés et transposés à d’autres projets.

Les soumissions sont attendues en français ou en anglais.

Les communications feront l’objet d’une sélection pour publication dans les revues du RRI (Innovations : REMI/JIEM, TechInn, Marché et Organisations)

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New organizational modes for innovation processes

Innovation is usually understood as the result, the purpose of a creative initiative leading to the proposal of a new product (good or service) or a new (production) process. It also sometimes leads to new business models, based on configurations of value chains carrying the promise of an attractive proposition recognized as such by the market.
Innovation also refers to a process, a chain of facts, « a journey, a relay race, always competitive, on an adventurous road … » (Tabatoni, 2005, p 9).

Its progress can be, as it is well known, long and complex. It is up to the pioneers who generate it to find the cross-roads, or to have the capacity to define the path which will serve as a standard of reference to the successors, followers of the innovations.

Studying an innovation as a process means to focus on the temporal framework in which it takes place, the stages of its emergence, « production » and diffusion, time to go, time to stop and return, according to creative loops rather than to linear sequences. It also means to understand that an innovation is part of a trajectory, ie an organizational history, but also a sectoral and institutional one shaping the course of its evolution.

Understanding an innovation process also means enlightening the actors who carry out the stages of its achievement, through their multiple roles, initiators, translators, enrollers, intermediaries, when new ideas or practices emerge and spread.
The common theme of this congress will focus on the organizational models and characteristics underlying this process of building innovations. In particular, we will question the renewal of organizational arrangements capable of supporting disruptive innovations.

These are based on a Human Resource Management system that allows for a certain amount of challenge, experimentation, risk-taking, a right to error and encouragement of unlearning as well as learning and based on an organizational culture, but also on spaces devoted to creativity (co-working space …). While several HRM practices are recognized as levers of innovation, several questions remain such as the articulation of HR strategies with the development of dynamic capabilities.

The issue of the type of organizational structures to choose, such as structural, contextual, temporal or network ambidextry in order to promote a balanced and harmonious exploitation and exploration strategy remains a fruitful field of research.
More generally, initiatives to promote new practices, structures or systems can be considered as managerial innovations (Damanpour, 2014), whose loop effects can lead to other forms of innovation (product, process, marketing …), sources of economic and / or social efficiency..

Innovations can be associated to the creation of ad hoc services (incubators, accelerators, etc.), new institutional arrangements (cluster, network, cluster, etc.), new activities (leaders, brokers), new public policies of innovation
Innovation, as we know, can no longer be considered within the strict limits of organizational boundaries. The development of open business models raises the problem of the valuation of internal resources outside the scope of the company (the « inside-out » movement) and the ability to seek externally resources that can be valued within it (outside in) (Chesbrough, 2003, West et al., 2014). This external origin of innovations is not limited to identified partners but also opens up to a plurality of individuals (the crowd) used both for their contribution to generating and bringing creative ideas and for supporting the (financial, social, political, etc.) conditions of projects achievement.

Finally, innovation is also part of a territory and therefore requires to be studied on this scale. The study of various sectors is also necessary in order to identify the specificities vs invariant of the innovation processes (Malerba, 2005). We will also study the public policies that can support, assess and regulate innovations, and model their organizational methods.

The papers expected in the workshops will also deal with:

  • The links between technical changes and organizational changes to foster innovation
  • New internal and external organizations to innovate
  • New arrangements between actors to support innovation players
  • Methods for evaluating the governance of innovations and indicators for monitoring these innovations, ad hoc and temporary tools, or generalized and transposed to other projects.

Communications will be selected for publication in the journals of the network (Innovations : REMI/JIEM, TechInn, Marché et Organisation)

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